Vie sauvage

« Au Havre, la violence du vent était telle que Méliès eut beau se cramponner à son appareil, il ne put empêcher son voile d’être arraché violemment et il le vit partir dans les airs comme un goéland, pour une destination inconnue. Il ne le revit jamais, bien entendu, et lui même et son appareil furent culbutés dans le sable. Peu importait ! Que lui faisait, après tout, d’être transi de froid, mouillé jusqu’aux os et courbaturé par la fatigue ? Nous savons qu’il était soutenu par la foi ! »

La vie et l’œuvre d’un pionnier du cinéma, Georges Méliès

VIE SAUVAGE

Jim Sheridan vient d’annoncer son arrivée, Au nom du père (Irlande-Royaume Unis) inaugurera donc la neuvième édition de L’Europe autour de l’Europe.

Jan Troell, le Suédois, l’invité d’honneur du Festival présentera Les Emigrants, Les Instants éternels et le dernier film The Last Sentence, dont il est le directeur de la photographie, en compétition, pour le Prix sauvage parmi les neuf films récents et inédits en France ; Kira Mouratova a eu son visa, elle fera sa master class avec L’accordeur, En découvrant le vaste monde… Le cinéma d’une autre grande dame du cinéma, la Norvégienne Anja Breien, sera à l’honneur avec La Pérsecution, Le jeu sérieux, Le viol… et Visages. Le maître hongrois István Szabó accompagnera ses classiques, Le colonel Redl, Méphisto et Hanussen, ô combien à propos dans ce programme où la mémoire de nous tous, Européens, de cette triste, glorieuse et absurde Grande guerre est si présente.

Les esprits seront aussi avec nous : Miklós Jancsó, le dernier parti de nos maîtres, d’abord La Cantate et le Psaume rouge ; le tragique Alexei Balabanov avec Morphine et le mystique Je veux aussi, représenté par son producteur et ami, Sergei Selyanov qui l’a suivi jusqu’à la Tour ; et Nico Papatakis, le vrai précurseur des Nouvelles Vagues, l’humaniste, avec La photo et Les Pâtres du désordre, ainsi que Aleksandar Petrović, esprit de l’Europe dont Les Migrations seront l’occasion de l’hommage à Avtandil Makharadze, le doyen des acteurs géorgiens.

De la lumière et de la nuit avec le THEMA de cette édition : Lumière et obscurités, ce qui nous ramènera aux origines, avec les peintres et photographes en commençant par la rencontre entre Tesla et Méliès. D’Andrei Roublev de Tarkovski, au Rembrandt Fecit de Joe Stelling et Love is the devil de John Muybury.

Ainsi se profile le festival 2014, allant de la rencontre des maîtres du cinéma européen des années soixante à nos jours avec les cinéastes de grand talent qui cherchent dans les zones frontalières, entre l’expérimental, les arts traditionnels et les sciences, là où on découvre toujours des pépites lors des grandes transitions. D’où surgissent les nouvelles tendances.

Aucune crainte à avoir des nouvelles technologies. De toute cette quantité la qualité est déjà née. Pour s’en persuader venez voir Léviathan de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor. Le film qui suivra la cérémonie de clôture, après l’annonce du Prix sauvage décerné à l’auteur d’un film inédit, par le jury présidé par Krzystof Zanussi. Et beaucoup d’autres films de jeunes cinéastes, entièrement dus à leur imagination. Du vrai cinéma d’auteur.

Quelle merveilleuse compagnie !

Irena Bilic
Fondatrice et déléguée générale du festival

* Au début des années 1900, (1908-1909), seules quatre nations produisent des films régulièrement, la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Angleterre. 47 pays européens (Conseil de l’Europe) font du cinéma en 2014. Qu’ils soient bienvenus au festival L’Europe autour de l’Europe. Le nouveau cinéma grec est à l’honneur cette année.