Migrations

Migrations / Seobe

(Fiction, France/Yougoslavie, 1988, 120’, C, VOSTF)

de Aleksandar Petrović
avec Avtandil Makharadze, Isabelle Huppert, Richard Berry, Bernard Blier

Regard de cinéaste sur l’Europe du XVIIème siècle d’après la fresque romanesque de Milos Tsernianski, l’une des œuvres les plus singulières du cinéma européen et l’une des plus étonnantes de toute la cinématographie moderne.
« Si j’ai pu jouer le rôle de Vuka Isaković, le héros du roman de Milos Tsernianski, j’ai pu le faire grâce à l’existence dans ce
monde d’Aleksandar Petrović. Je lui suis reconnaissant pour cela. » Entretien avec Dubravka Lakić, Politika

Migrations est, du mot même de son auteur, “un parallèle frappant entre cette période et la nôtre (…) ; la recherche de ce qui n’est pas encore né, la nécessité d’un bouleversement global des valeurs comme des consciences que je cherche (…) tout en gardant le ton rapsodique de l’écrivain”. 

 « Les migrations existent. La mort n’existe pas!» Milos Tsernianski

« Je préférais la littérature, et c’est seulement à travers elle que je me suis retrouvé dans le cinéma. » Alexandre Petrovic

« Toute réalisation d’un désir cache un peu d’illusion…  C’est le thème de ce roman, et de ce film sur les migrations. Le roman des changements et de la durée à travers les migrations… Il n’est pas nécessaire que je définisse pourquoi les gens changent de lieu, migrent, et comment ils vont là où ils vont… mais ce qui est important pour moi ce sont aussi ces brumes poétiques, quelque chose de trouble et d’indéfini, cette chose que Crnjanski (Tscernianski) a senti de cette façon belle et intuitive, cela même qui pousse les gens à aller quelque part, à chercher quelque chose, à déménager et à toujours trouver  de nouvelles raisons pour le faire. C’est de cette façon qu’il faut comprendre et l’Autriche et la Russie et des gradés, la nouvelle Serbie,  des divorces et des amours, des maladies, des morts, des cartes et des beuveries, des frontières et la vie des soldats, des amours coupables et le Danube qui passe, tout ce monde dans les migrations. (…) C’est aussi le film de notre appartenance à l’Europe… De l’Atlantique à l’Oural, Les Migrations sont aussi un regard  de cinéaste, cinématographique, sur l’Histoire du XVIIIème siècle. Du siècle qui précède nos temps modernes. .. A travers ces personnages nous nous reconnaissons nous-mêmes. » A. Petrovic, Revue TV revija, Belgrade, 1987.

 

« Petrovic a réalisé une fresque lyrique et baroque d’une force stupéfiante. Une sorte de torrent romanesque apocalyptique emporte les personnages dans le fracas des batailles et des atrocités, dans la mélancolie des espoirs massacrés et des amours désespérés. Il fallait l’immense talent du réalisateur de J’ai même rencontré des Tziganes heureux, du Maître et Marguerite et de Portrait de groupe avec dame pour mener à bien cette entreprise magnifiquement folle et audacieuse. C’est un grand film cosmique plein de bruit et de fureur. » Jacques Doniol-Valcroze