Le Roman de renard

Le Roman de renard

(Animation, France, 1929-30, 65’, NB)

de Ladislas Starewitch

Dans le monde animal règne la loi du plus fort jusqu’au jour où le roi Lion décide que les animaux ne se mangeront plus les uns les autres. Mais Renard, carnivore, ne peut se soumettre à cet édit et très vite les plaintes s’accumulent auprès du roi. Après de nombreuses ruses et duperies, Renard est amené à la cour où il est jugé et condamné à mort.
Pour être libéré, il accuse les plus proches conseillers du roi de complot. Exaspéré par de nouveaux mensonges le roi décide d’attaquer le château de Malpertuis où réside Renard. Malgré la puissante armée royale, ce dernier résiste grâce à de nombreux pièges… Et comme le roi ne peut le vaincre, il le nomme ministre.
« Les premières images du film montrent un très grand livre à reliure antique, contenant la fameuse épopée moyenâgeuse du Roman de Renard . Derrière le livre les animaux interprètes, impatients d’être présentés au public, s’agitent et font un vacarme infernal… L’auteur leur impose le silence et les présente à tour de rôle. Les pages tournent… et puis voici circonspect et prudent, Renart, le goupil en personne, le félon bien connu, dont les tours pendables lui ont valu une belle célébrité…» Ladislas et Irène Starewitch
« Ce film est une merveille de volonté, d’intelligence et de goût. Comme les contes de fées qui sont de la littérature, le  Roman de renard est du cinéma, de l’excellent cinéma et quelque chose de plus. Je ne sais quoi. Peut-être est-ce de la poésie ? » L. Delaprée, Pour Vous, 19 juin 1930
« Reprise de l’incontournable Roman de Renart… grand-oeuvre du ciné-marionnettiste Ladislas Starewitch,…, remue ménage médiéval superbe, riche en affrontements guerriers et en sérénades amoureuses, à (re)découvrir absolument.» Michel Roudevitch. Libération, 22 octobre 2003.

« Même si  Le Roman de renard et autres films de Starewitch ont une influence énorme sur l’art du cinéma, ses œuvres aujourd’hui se semblent pas des classiques figés dans son image d’étalon. En partie, parce que ses protagonistes ne sont pas de jolis animaux qui abondent dans l’animation – ils semblent plus des momies animales ranimées que des jouets pour les enfants. ˂…> Les sujets de ses films ne sont pas simples et linéaires mais complexes et pleins d’une ironie très subtile. C’est peut-être la raison pour laquelle Starewitch, qui a fait beaucoup pour l’art de l’animation en général, est considéré comme créateur de « l’animation bizarre », maître des artistes comme Jan Švankmajer. Des décennies après, les films de Starewitch ne sont moins avant-gardistes que plusieurs de films d’animation moderne. Maria Teretshenko Cinq piliers de l’animation d’auteur, artanimation.ru