L’accordeur

L’accordeur / Настройщик

(Fiction, Russie/Ukraine, 2004, 154’, NB, VOSTF)

de Kira Mouratova
avec Georgiy Deliev, Alla Demidova, Renata Litvinova

Andreï est un pianiste sans succès devenu accordeur. Sa compagne Lila rêve de mener la grande vie qu’Andreï voudrait bien mais ne peut lui offrir. Pour trouver suffisamment d’argent il décide d’approcher deux vieilles veuves fortunées et de gagner leur sympathie et leur confiance. Il y réussit sans peine, et leur emprunte une somme d’argent que bien entendu il ne pourra pas leur rendre. En découvrant la supercherie, les vieilles se reprochent leur imprudence plus qu’elles n’accusent l’imposteur.

Nika 2005 – prix du meilleur réalisateur, de la meilleure actrice et de la meilleure actrice dans le rôle secondaire

“La septuagénaire Kira Mouratova refuse toujours de pasticher ou de se rallier à qui que ce soit. Figure de proue du cinéma d’auteur, elle reste depuis l’époque soviétique une exception à toutes les règles et incarne un pôle indépendant dans l’art cinématographique russe (…)
L’Accordeur, de Kira Mouratova, avec Renata Litvinova dans un des rôles principaux, est le clou de la saison. Un chef-d’œuvre du cinéma d’auteur en noir et blanc avec d’étranges personnages aux accents felliniens (…)
Kira Mouratova ne se presse nulle part, elle raconte des choses éternelles: l’espoir, la soif de chaleur humaine et de fidélité, la solitude, la douleur d’un amour non partagé, la surprise face aux actions de l’homme, bonnes ou mauvaises…” Olga Sobolevskaïa

Commentaire de l’actrice Alla Demidova :

“Ce n’était pas facile de jouer pour Kira Mouratova, comme il n’avait pas été facile à l’époque de jouer pour Andreï Tarkovski ou encore au théâtre pour Anatoli Vassiliev. Pas facile mais très intéressant comme c’est toujours le cas avec les grands metteurs en scène.”

« L’art est un plaisir, et pour tout plaisir il faut payer. Personne ne m’a forcé à attendre et à me battre : on ne me laissait pas faire de films, alors j’aurais très bien pu faire autre chose. Alors je suis contre le fait de faire des réalisateurs des victimes. Personne ne se sacrifie. Dans tout les cas il y a du plaisir. Celui qui met en première place la fascination pour son attitude sacrificielle, il a du plaisir à souffrir. » Interview avec Asja Kolodžiner, cité dans Eugénie Zvonkine, Kira Mouratova, un cinéma de la dissonance.