La photo

La photo / Η Φωτογραφία

(Fiction, Grèce/France, 1986, 102’, C, VOSTF)

de Nico Papatakis
avec Aris Retsos, Christos Tsangas, Zozo Zarpa, Despina Tomazani

1971. Illias Apostolou quitte la Grèce pour la France pour échapper au régime de la junte militaire. A Paris, il espère retrouver son cousin Gerassimos qui peut l’aider à trouver du travail. La photo d’une jeune femme, qu’Illias a trouvée dans la rue par hasard, va provoquer une série d’événements dramatiques dans la vie des deux hommes.

« “Réalisateur-visiteurˮ aux yeux de la communauté du cinéma grec, Nico Papatakis a su … faire preuve d’une cohérence profonde dans sa démarche esthétique et sociale. Le regard qu’il pose, dans les deux cas, sur la société grecque est d’une rare lucidité et dénote un courage et une éthique admirables. » Le Cinéma grec, Centre Georges Pompidou, 1995

« Le dépouillement et la violence de l’espace filmique de La Photo, présents du début à la fin, renvoient à la frustration, au manque originel, à l’anankê antique. Seules échappatoires : la force de l’illusion, le mensonge, la mise en scène de l’espace du désir, la mise en scène d’Eftychia [NdT : le nom féminin qui signifie « bonheur » en grec]. Dans ce dédale, le fil d’Ariane est constitué par la photo d’Eftychia qui, comme toute photo, renvoie à une absence. En même temps que les photos révélent une absence réelle, celle de ses parents morts, Gerassimos va recevoir d’Illias celle de la prétendue Eftychia qui détermine tout au long du film une absence fictive. » op.cit.

“Ce que nous dévoile Papatakis, c’est une beauté sans fioritures nourrie par une conscience morale. Ses récits sont autant de machines infernales où se trouve piégés des personnages solitaires. Le souffle qui traverse ses films est celui, vivifiant, qu’apporte un cinéma métis. Papatakis ne sera ni le premier ni le dernier de ces étrangers (de Buñuel à Ruiz et Ferreri) qui font bifurquer les sentiers dans les jardins parfois trop bien ordonnés du cinéma français.” Michel Ciment, festival-larochelle.org

Nicolas PAPATAKIS répond aux questions de François CHALAIS