Goya

Goya / Goya en Burdeos

(Fiction, Espagne/Italie, 1999, 105’, C, VOSTF)

de Carlos Saura
avec Francisco Rabal, José Coronado, Dafne Fernandez

Francisco Goya, exilé à Bordeaux à la fin de sa vie, se souvient de ses amours, de ses passions, de ses tableaux…
Prix du Jury OEcuménique au festival de Montréal
« Goya a toujours été mon peintre favori. Pour mieux le connaître, j’ai lu des livres et étudié ses peintures, dessins et gravures. J’ai longuement discuté avec mon frère Antonio, peintre lui aussi et expert en la matière, et surtout je me suis laissé emporter par l’inspiration… Goya c’est un film argumentaire. J’ai essayé de donner ma propre vision de Goya, réfugié à Bordeaux dans ses dernières années quand il vivait avec son amie et maîtresse, Leocadia Zorilla – qui était beaucoup plus jeune que lui – et avec sa fille Rosarito âgée de 12 ans. J’essaye de raconter ce qu’il était et ce qu’il pensait, ce qu’il faisait à 80 ans dans son exil bordelais : ses passions, ses affections, ses haines, ses hallucinations, ses rêves, ses monstres… Tout lui, dans un monde où l’imaginaire côtoie le quotidien. »
« De nombreux choix de mise en scène révèlent que Goya en Burdeos appartient de plein droit à la lignée du cinéma fantastique. La perte des repères sensoriels et spatiaux de Goya qui erre au début dans une rue brumeuse de Bordeaux et se demande : « ¿Dónde estoy ? » annonce le catalogue de motifs fantastiques contenus dans le film. La question de Goya dans son lit de mort «¿Qué soy ahora? » en est l’écho ultime. » Floreal Peleato, Voix off, n.7, Université de Nantes, 2000

 

“On le sait, Goya en Burdeos recrée les derniers jours de l’exil du peintre à Bordeaux, alors qu’il vit avec sa maîtresse Leocadia et leur fille de douze ans, Rosarito. Goya est malade et hanté par ses souvenirs et par l’œuvre qu’il n’est plus capable de continuer.

Sous prétexte de satisfaire la curiosité de sa fille, il reconstruit devant elle les moments forts de sa vie, ses amours avec la Duquesa de Alba, l’époque où jeune peintre il évoluait à la Cour, les événements qu’il a retranscrits sur ses toiles…

Mais on comprendra vite que ce n’est pas l’aspect biographique qui a fasciné Saura. Le vrai thème du film, c’est plutôt l’énigme de la création artistique. Le voyage dans la mémoire et dans les hallucinations de Goya (Paco Rabal) est plus important que les différents épisodes de l’histoire d’Espagne. Saura fait un film sur la peinture, qui s’ouvre sur un hommage à son frère Antonio, et qui se ferme sur une citation de Malraux (“Después de Goya nace la pintura moderna”). Dans un certain sens, il continue donc ce qu’il avait fait naguère avec la musique ou la danse (Bodas de sangre, Carmen, El amor brujo, Sevillanas…).” pedagogie.ac-nantesfr

Etude de Marc Marti : analyse pointue de Goya en Burdeos , entre récit filmique et Histoire  dans les Cahiers de narratologie