Fix ME

Fix ME

(Documentaire, France/Palestine/Suisse, 2010, 98’, C, VOSTF)

de Raed Andoni

Raed, auteur réalisateur, a mal à la tête, au sens propre comme au figuré. Armé d’humour et d’une certaine ironie, il décide de se faire soigner et de filmer sa psychothérapie…

Raed Andoni à propos de son film

« J’ai réalisé Fix ME motivé par des questions telles que : « Qui suis-je ? » En tant qu’être humain, en tant que réalisateur, en tant que Palestinien, mais aussi en tant qu’individu. Puis-je être MOI-MEME tout en vivant une telle réalité ? Puis-je être un être humain faible et exprimer ma faiblesse ? Puis-je oublier et ignorer mes souvenirs passés pour être capable de continuer à avancer ? Etc. Dans un endroit comme la Palestine, ces questions n’existent pas. En tout cas on n’en parle pas ouvertement. Parce que quand on vit tous une même situation, à l’échelle d’une nation, il n’y a pas de place pour les questions individuelles. En tant que réalisateur, artiste humain et en tant que Palestinien, j’essaie de trouver ma propre place, mon propre espace dans cette réalité, tout en respectant et
appréciant que les autres soient différents. Mais en ai-je le droit ? »

« Je n’aurais pas supporté que Fix ME soit déprimant. De là à dire que c’est une comédie… Ce film parle de choses très sérieuses tout en reflétant un état d’esprit très caractéristique de cette partie du monde. De la Palestine à l’Egypte, l’humour fait partie de la vie, parce qu’il permet de supporter la réalité. Plus une situation est tragique plus en rire devient une manière de rester digne. En tant qu’être humain, Palestinien, cinéaste, j’ai grandi avec cette notion fondamentale de dignité. Les Palestiniens ont beau souffrir, ils préfèreront toujours essayer de relativiser plutôt que de se laisser abattre. Inclure ce mode de pensée dans Fix ME est sans doute ma contribution à une lutte contre cette réalité tellement négative.»

 

« La réussite de Fix ME réside dans la capacité du cinéaste à transformer ses interrogations en véritables questions de cinéma : comment filmer l’intimité, comment parler de la lutte collective, et, enfin comment trouver l’équilibre entre les deux ? Sans prétendre à des réponses, la manière si originale de poser ces questions témoigne de la maturité d’un cinéaste et offre ainsi une belle perspective pour le cinéma national palestinien ». Ariel Schweitzer Les Cahiers du cinéma